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Insémination artificielle et l’embouche bovine pour un élevage rentable

L’élevage des ovins et des bovins au Bénin date des siècles. Celui des bovins est le plus pratiqué. Cet élevage est aux mains d’une ethnie dénommée les peuhls. Des particuliers confient des bœufs à ces peulhs qui en assurent la garde (élevage). Depuis 2004, le Bénin dispose d’un cheptel bovin estimé à 1 717 900 têtes et qui connaît un accroissement d’un taux annuel d’environ 3,6% (MAEP, 2004). Ce cheptel est composé de taurins de races lagunaire, Borgou et Somba (31%), de zébus M’bororo, Goudali et Foulani blanc (7,7%), ainsi que des sujets issus de leur croisement (61,3%). La race Borgou (la plus performante des races locales) peut produire 2,5 litre  de lait en moyenne en élevage traditionnel et 4 litres en élevage moderne (FAO, 2003).

Or selon certains travaux dont celui de Bawath et Amoussou (1998) et Kora (2005), le nombre de vaches traités chaque année représente environ 15% de l’effectif du cheptel bovin dans la sous-région ouest-africaine et en particulier au Bénin. Malgré cette augmentation de la production, la demande nationale est loin d’être satisfaite et la valeur en devise du déficit comblé par les importations prend aujourd’hui des proportions insoutenables.

Effet de contraste, le Bénin dispose de 04 grandes usines de production de yaourt dont la deuxième usine au plan national produit au minimum 1000 Litres de yaourt par jour. La matière première devant être du lait de vache frais, ces usines n’importent que du lait en poudre de l’extérieur (Chine, Angleterre…).

Pour corriger le tir, de nombreux projets ont vu le jour : entre autre le programme d’amélioration génétique axé sur la sélection en race pure, les croisements et la diffusion des animaux améliorés en milieu paysan vient d’être mis en place dans certaines fermes d’Etat, en l’occurrence les fermes de Kpinnou dans le Mono, de Bétécoucou dans les Collines et d’Okpara dans le Borgou.

A kpinnou en particulier, l’expérimentation des races laitières Gir et Girolando, d’origine brésilienne a permis d’obtenir une productivité de 10 à 15 litres de lait par jour. De même à l’Okpara, les hybrides issus du croisement Girolando–Borgou produisent en moyenne 6 à 7 litres de lait par jour. De nombreuses autres initiatives ont été prises dans le cadre du Projet de Développement de l’Elevage dans l’Atacora (PDEA) et dans le Borgou (PDEB).

L’introduction de paquets technologiques visant l’intensification de la production par l’amélioration de l’habitat de la santé et de l’alimentation des animaux par la supplémentation à base de sous-produits locaux est peu développée (Nyiransabiman, 2005). Ces programmes n’ont pu sortir le système d’élevage traditionnel de sa saisonnalité marquée par la pénurie de lait en saison sèche et le déplacement des animaux vers les zones de transhumance.

Le dernier programme en date de 2009 est celui du Projet d’Appui aux FIlières LAit et Viande (PAFILAV). Mais force est de constater que ce projet n’a été qu’un poussin qui a grandi dans l’œuf. Car les milliards mis à la disposition du projet se sont envolés sans trace.

Réellement a-t-on besoin de tant de milliards pour intensifier l’élevage des bovins à travers des techniques très peu coûteux telles que l’insémination artificielle et l’embouche bovine ? Car ceux sont des techniques qui se pratiquent déjà dans la sous-région : Niger, Mali, Burkina-Faso. Ce qui suppose que des experts en ces techniques sont disponibles tout près de nous.

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