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Sont-elles efficaces et efficientes ces structures publiques?

Ici je ne vais pas me mettre au même diapason que les organisations syndicales au sujet des derniers concours de recrutement dans la fonction publique.

Je m’inquiète plutôt sur la coordination et la symbiose qui est supposée exister entre les différentes structures chargées d’assurer le contrôle sanitaire des produits fabriqués sur le sol béninois et ceux importés aussi. Plusieurs structures sont chargés d’assumer ce travail mais force est de constater qu’elles toutes se cherchent encore.

En effet, qu’il vous souvienne qu’en juin 2015, plusieurs jours de grèves ont été observés par les travailleurs de l’Agence Béninoise de Sécurité Sanitaire des Aliments (ABSSA) où ces derniers reprochent à leur directeur Adam Sounon Kon’de la mauvaise gestion des fonds octroyés à leur structure par les Partenaires Techniques et Financiers (PTF) de même que les actes d’affectation fantaisistes prises par leur directeur. Qu’elle soit fondée ou non, cette grève ou polémique montre les difficultés auxquelles est confrontée l’ABSSA.  Pour rappel, l’ABSSA est une structure publique créée par décret n° 2011-113 du 08 mai 2012 conformément au règlement 007-2007 de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) relatif à la sécurité sanitaire des aliments. Entre autres charges, elle a pour rôle d’assurer la sécurité sanitaire des produits au niveau de tous les maillons de la chaîne alimentaire (production, transformation, commercialisation, distribution…) en conformité avec les exigences internationales en la matière. Dans ce cadre, elle évalue d’abord les risques et dangers auxquels les consommateurs pourraient être exposés. Ensuite elle gère ces risques en les anticipant et enfin communique sur eux afin que le consommateur en soit bien informé ; tout ceci en accord avec les articles 4 et 5 du décret sus cité. C’est cette agence placée sous la tutelle du ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche qui délivre les certificats exigibles pour la déclaration en douane. Elle a installé des postes de contrôle sur les axes routiers et programme l’inspection des lieux de fabrication des produits alimentaires. Comme quoi, l’ABSSA est au cœur du dispositif institutionnel mis en place par l’Etat pour garantir la sécurité sanitaire des aliments dans la sous-région mais elle est dépendante du financement des PTF notamment la Coopération Technique Belge (CTB) et l’Union Européenne (UE).

Au sien de l’ABSSA, se trouve LCSSA qui est le Laboratoire Centrale de Contrôle de la Sécurité Sanitaire des Aliments dont le directeur est Kinnou Kisito Chabi Sika. Ce laboratoire a pour mission de faire des analyses physico-chimiques et microbiologiques sur tous les produits qui lui sont envoyés. Cette structure est également sous financement des PTF.

Par ailleurs nous avons, l’Agence Béninoise de la métrologie et du contrôle de la qualité (ABMCQ) qui contrôle les appareils ou équipements servant à prendre des mesures ; elle vérifie si les produits mis sur le marché respectent effectivement les mesures écrites sur leurs emballages (poids, taille, dimension…).

De son côté,  la Direction de l’Alimentation et de la Nutrition Appliquée (DANA) explique Gabriel AHOUANDOGBO, son directeur général,  vérifie la conformité des produits par rapport aux normes à travers des analyses microbiologiques afin de détecter les parasites et les champignons d’une part et d’autre part de vérifier la conformité des produits par rapport aux normes à travers des analyses physico-chimiques en vue d’enquêter sur le goût et l’acidité.

Pour sa part l’Agence Béninoise de Normalisation et de gestion de la qualité (ABENOR) élabore, met en œuvre et fait le suivi de la politique nationale de normalisation, de certification et de promotion de la qualité.

Nous avons aussi la Direction de l’Elevage (DE), la Direction du Commerce Intérieur (DCI), la Direction de la Concurrence et de la Lutte Contre La Fraude (DCLCF), qui interviennent aussi dans le contrôle de  la qualité des aliments.

Malheureusement cette pluralité et cette grande variété de structures ayant parfois les mêmes attributions ne facilitent pas toujours le travail sur le terrain. Comme quoi trop de viandes ont gâté la sauce. Chabi Sika remarque qu’elles ne sont pas organisées de façon à être hiérarchisées à tel point « qu’il n’y a pas de chaîne de commandement unique » et cela laisse donc place au clientélisme et au favoritisme. L’Etat est incapable d’avoir un code bar afin de faciliter la traçabilité.

A cela s’ajoute un cordon douanier très corrompu ce qui permet aux opérateurs économiques d’échapper au système de contrôle. Du coup, la proportion de produits non contrôlés est largement supérieure à celle des produits contrôlés. Comme le reconnait aussi le directeur de l’ABSSA, « nous n’avons pas un plan de contrôle qui couvre toutes les denrées ; même si un contrôle est fait, cela ne couvre pas tout ». Pour Danielle Pliya Tévoédjrè, consultante en nutrition, « la DANA ne fait plus de contrôle de qualité, mais de routine ! »

Dans un tel climat délétère, on ne peut que s’en remettre à Dame nature pour notre vie et notre survie car les autorités publiques sont défaillantes or elles sont censées assurer notre protection.

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Un commentaire

  1. Ceux qui doivent contrôler sont donc équipés et financés par ceux qui exportent vers eux ! c’est comme si un potentiel voleur venait placer votre système d’alarme chez vous et est celui qui paie votre gardien ! C’EST RIDICULE, IL EST OU LA LOGIQUE CHEZ NOS RESPONSABLES POLITIQUES ET AUTRES ?

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