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Peut- on stopper la faim dans le monde ?

La famine dans la corne de l’Afrique, le réchauffement climatique, les inondations de part et d’autre (Nigéria, Chine, Thaïlande, etc.), la flambée du coût des matières premières sont tant de chose qui mettent à mal la lutte pour la sécurité alimentaire.
Selon la FAO, le nombre de personnes sous-alimentées dans le monde en 2010 a atteint 925 millions, soit 15% de l’humanité qui a faim. L’Asie-Pacifique et l’Afrique subsaharienne sont les régions les plus touchées par ce phénomène.
En effet, plusieurs éléments enveniment la situation :

  • Le faible pouvoir de négociation et de décision des petits producteurs locaux par rapport à celui des intermédiaires et à un secteur agro-industriel de plus en plus concentré ;
  • L’essor des agrocarburants qui accentuent la spéculation sur les cours des matières premières agricoles car on utilise des ressources qui auraient pu nourrir un grand nombre d’hommes, de femmes et d’enfants ;
  • Le manque d’investissement dans l’agriculture vivrière : le Mozambique par exemple importe 60% du blé consommé par sa population et l’Egypte importe la moitié de ses besoins alimentaires. Ce qui empire les fluctuations des cours des denrées alimentaires et impacte ainsi directement les plus pauvres ;
  • Le rendement des plus grandes cultures mondiales de blé et de riz augmentent moins vite que la croissance de la population ;
  • L’accaparement des terres agricoles par les grandes puissances n’est pas aussi du reste. Kofi Annan a mis en garde contre cette réalité au cours d’une conférence de la FAO, en juin dernier. Il a ainsi dénoncé le phénomène de « mainmise sur les terres », par lequel les pays achètent ou louent la terre d’autres nations pour leur propre sécurité alimentaire. « Il est alarmant d’apprendre d’un récent rapport que des terres agricoles équivalant à un territoire grand comme la France ont été achetées en 2009 en Afrique par des « hedge funds » et autres spéculateurs », a-t-il dit. « Il n’est ni juste ni viable que des terres agricoles soient ainsi dérobées aux communautés, ni que de la nourriture soit exportée de pays où les habitants ne mangent pas à leur faim. Les populations locales ne tolèreront pas cet abus — et nous non plus ».

Que faire donc face à cet état de chose ?
Les Objectifs du Millénaire pour le Développement, qui consistent à réduire de moitié le nombre de personnes souffrant de la faim dans le monde d’ici 2015, semblent bien loin d’être atteints. Selon les économistes et démographes, il faudra augmenter la production alimentaire de 70% d’ici à 2050 pour nourrir les 9 milliards d’individus que la planète comptera alors.
Olivier De Schutter proposant à l’occasion du G20 agricole un plan pour la sécurité alimentaire mondiale affirme que « la faim n’est pas un problème technique, mais politique ». Il a ainsi déclaré : « Il faut briser le mythe technique de la faim, et reconnaître que ce fléau est d’abord le fruit de facteurs politiques qui condamnent les petits agriculteurs à la pauvreté ». Pour lui l’essentiel est de « renforcer la capacité des pays à se nourrir eux-mêmes ».
Le stockage est aussi un problème crucial : « actuellement, 30% des récoltes dans le Sud – 40% des fruits et légumes – sont perdues faute de moyens de stockage adéquats », explique le rapporteur de l’ONU. Un comble au regard de la faim qui sévit dans ces pays !
Selon les experts de The Economist, la solution la plus évidente pour enrayer la faim dans le monde est de lever les barrières commerciales et de stopper les subventions. Ceci permettra aux pays pauvres d’accroître leurs exportations. Une meilleure régulation des marchés agricoles est également indispensable pour limiter la spéculation et son impact mortel. L’accent doit être mis sur la recherche agronomique, souvent délaissée par les gouvernements.

Au Benin à peine 01% du budget national est alloué à la recherche scientifique.

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