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Le riz béninois face à une concurrence déloyale

Importé à plus de 50% pour la consommation, le riz a été identifié comme une filière prioritaire à la fois par le gouvernement béninois et l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA). En effet au Bénin, la consommation du riz augmente fortement parmi les populations, et la production rizicole se développe rapidement depuis une dizaine d’années. Hommes d’affaires et chercheurs s’accordent que le riz peut constituer une source importante de revenus appréciables notamment pour les femmes. Mais, la faible connaissance des circuits de commercialisation par les producteurs et l’absence de signes d’identification (marque, ou label) du riz local rendent difficile sa valorisation sur les marchés en concurrence avec le riz importé.

Vu le niveau de production relativement faible, lié à des difficultés d’approvisionnement en engrais et en semences de qualité, et faute d’aménagement des terres pour la maitrise de l’eau, malgré les énormes potentialités dont dispose le pays pour développer la culture du riz, le Bénin importe aujourd’hui plus de 50000 tonnes de riz blanc (dont tout ne respecte pas la qualité), pour satisfaire la demande des consommateurs.

200 000 à 400 000 tonnes de riz de qualité très douteuse transitent chaque année par le port de Cotonou. Ainsi, d’importantes quantités de riz à bas prix, destinées à être réexportées dans la sous-région, perturbent le fonctionnement des marchés locaux. Ce riz provient de différents pays du monde, notamment l’Asie du Sud-Est et des Etats-Unis. Des pays dans lesquels les gouvernements apportent des aides aux riziculteurs pour la production (crédits préférentiels, accès facilités aux intrants et semences).

Le gouvernement béninois n’offre aucune mesure de soutien et de surcroît aggrave les difficultés de commercialisation à travers l’importation de milliers de tonnes de riz blanc japonais sous forme de don. Car ce riz est revendu  en moyenne à 70% du prix du marché local. Un certain nombre de consommateurs se détournent une fois encore du riz local pour privilégier le « don japonais ».

Mais quelle est la qualité du riz importé ? Quels produits chimiques ont-ils été utilisés pour sa production et sa conservation ? S’agit-il du riz génétiquement modifié ?

À ces questions, personne ne saurait donner une réponse satisfaisante.

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