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Bénin : La filière anacarde et ses acteurs

Depuis quelques années, de profonds changements s’opèrent dans la politique agricole du Bénin. En effet, les différentes imperfections du marché (l’absence d’acheteurs officiels, la forte fluctuation des prix, les risques liés à la monoculture, etc.) ont amené l’Etat à se lancer dans une politique de diversification agricole.  C’est ainsi que depuis 1994 la filière anacarde connait certains progrès vers sa structuration.  L’anacardier, connu sous le nom scientifique de Anacardium occidentale L., est originaire de l’Amérique tropicale et plus précisément des côtes du Brésil. Il a été découvert par les Portugais qui l’ont introduit dans leurs colonies d’Afrique et d’Asie. Il s’est alors répandu dans toutes les autres régions tropicales dès le 16ème siècle. Réputé pour sa grande rusticité et les multiples produits de son fruit, l’anacardier a fait l’objet d’attentions particulières en vue du développement de sa culture en Afrique francophone de l’Ouest dont le Bénin. Selon DJOGBENOU et TEHOU (1998), après une période d’essais de 1954 à 1960 sur 10 ha, la culture de l’anacardier s’est rapidement répandue dans les régions du centre et du nord Bénin grâce au financement du Fonds Européen de Développement (FED).

Au plan économique, cette filière nous permet de dire :

-50.000tonnes environ de noix de cajou en 2007 ;

– Nombre d’acteurs dans le secteur : 60.000 ménages agricoles et plus de 200.000 acteurs (commerce, transformation et exportation) ;

– Environ 180.000 actifs agricoles et autres intermédiaires ;

– Valeur ajoutée globale : 20 milliard environ ;

– PIB agricole 7% et PIB nationale de 3% ;

– taux d’intégration à l’économie : faible ;

– Contribution au développement local : 1% de la valeur ajoutée ;

– Redevances fiscales associées : 0,07% ;

– la contribution à l’amélioration de la balance commerciale passe de 07% en 2007 à 10% en 2011.

Au plan environnemental, cette filière contribue à la réduction des émissions de C02, à la réduction de la destruction des plantations par feux de brousse, à l’économie d’eau, à la diminution de l’érosion dans les plantations.

Qui sont les acteurs au sein de cette filière ?

Prenons la chaine de valeur ajoutée « Noix de cajou brutes d’exportation » :

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1-      Chaîne de valeur ajoutée amandes blanches à l’exportation

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2-      Chaine de valeur ajoutée « amande torréfiée »

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Ces différentes chaînes de valeur ajoutée connaissent des contraintes telles que :

  • La non maîtrise des bonnes pratiques agricoles par les producteurs ;
  • La méconnaissance et Non utilisation du matériel adéquat d’entretien ;
  • Le mélange des noix (récoltes antérieures + récoltes de l’année, noix pays voisins de moindre qualité, noix immatures) ;
  • La récolte précoce de noix ;
  • La non disponibilité de produits phytosanitaires ;
  • Le manque de cadre de concertation opérationnel pour les différents acteurs ;
  • La faible capacité de gestion et de mobilisation des ressources financières de la Fédération Nationale des Producteurs d’Anacarde du Bénin (FENAPAB) et de ses  démembrements ;
  • Le circuit d’approvisionnement en noix cajou brutes non consolidé ;
  • L’absence de crédit de campagne ;
  • La non maîtrise des bonnes pratiques par les petits transformateurs ;
  • La difficulté de conservation des amandes brutes ;
  • La technologie de transformation peu appropriée pour les petites entreprises ;
  • L’insuffisance d’informations sur les nouvelles technologies de transformation et sur les fournisseurs des technologies ;
  • La norme béninoise ne tient pas compte du KOR (Kernel outturn ratio) ;
  • L’absence de label Bénin pour les amandes brutes ;
  • Le manque d’informations sur l’offre et la demande d’emballage au plan national ;
  •  L’équipement de concassage inapproprié.

Quant à la chaîne de valeur ajoutée  « Jus de pomme de cajou », nous ne pourrons énumérer ses contraintes dans la mesure où l’usine chargée de produire du jus à partir des pommes de cajou peine à ouvrir ses portes pour que cette chaîne de valeur ajoutée puisse connaitre le jour pour le bonheur de la population et de l’économie béninoise. (http://www.agrobenin.com/recrutement-du-personnel-des-six-usines-agroalimentaires/)

Enfin, la prospérité de la filière anacarde au Bénin dépend en grande partie de la capacité du pays à transformer sur place les noix brutes et à exporter les produits semi finis. En effet, les noix de cajou produites au Bénin détiennent une qualité incontestable sur le marché international. Alors toute politique visant à promouvoir et à créer les unités locales de transformation et à développer une consommation intérieure des amandes sera d’une grande utilité pour la nation.

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