A quoi s’attendre de la saison pluvieuse de cette année au Bénin ?

L’Afrique subsaharienne en général, et le Bénin particulièrement est sous la commande d’une forte péjoration pluviométrique depuis les années 70. Celle-ci se matérialise par une contraction de la saison pluvieuse, une extension de la durée de la saison sèche, engendrant ainsi des anomalies climatiques imprévisibles. Ce bouleversement du rythme climatique se caractérise par une portée de plus en plus importante des risques et catastrophes climatiques liés aux extrêmes pluviométriques. La réduction du rythme pluviométrique intra-saisonnier occasionne parfois des pluies très intenses dans les zones côtières du Bénin et induit des inondations imprévues. Par contre, les régions du centre Bénin, du Sud-est et du Nord-ouest au Bénin sont les plus sensibles à la baisse pluviométrique (SOHOU et al., 2015). Les dommages s’imposent à l’agriculture (pluviale et saisonnière), à l’alimentation, aux ressources forestières, à la faune (aquatique et continentale), au cadre biophysique en général, avec même des conséquences sociales dont les conflits liés à l’eau. Le faible rendement agricole (lié à la baisse pluviométrique) favorise le départ massif des jeunes des villages vers les villes (exode rural) à la quête du gain facile, et occasionne l’occupation anarchique de ces villes. Le bouleversement du rythme pluviométrique induit parfois une agressivité pluviométrique importante et favorise ainsi le décapage des strates superficiels du sol par lessivage et déminéralisation érosive. Cet appauvrissement du potentiel physico-chimique de la lithologie superficielle, contribue indirectement à la baisse des rendements agricoles.

Parlant des pluies très intenses dans les zones côtières, Juin et Juillet seront les mois rouges (d’inondation) à Cotonou pour l’année 2016 selon les dernières prévisions.

Avril, Mai et Octobre seront les mois pluvieux à fort risque de déficit climatique au Centre et au Nord-Bénin en 2016. Par conséquent, de fortes poches de sécheresse en pleine saison pluvieuse. Les eaux douces du Bénin comprise entre la latitude de Bantè et Banikoara sont de plus en plus rares, avec une très forte corrélation positive (0,90 au seuil de 5%) à la péjoration climatique. Les travaux de terrain indiquent une sahélisation progressive de cette zone exprimée par la dominance des ligneux désertiques de la famille des combrétacées et des mimosacées (dont Combretum glutinosum, Combretum collinum, Combretum paniculatum, Combretum laceolatum, cianotis lanata, Anogeissus leiocarpa, , Terminalia albida Scott-Elliot etc.). La végétation étant un indicateur biophysique de la qualité hydrique du sol et du climat, on comprend mieux que celle-ci est de plus en plus défavorable à cette latitude pour les ligneux tropicaux (qui ont plus besoin d’eau) alors qu’on est en pleine zone tropicale. L’indisponibilité de l’eau douce crée en effet un cadre favorable à une ambiance désertique, et contribue à la prolifération des espèces sahéliennes.

Par conséquent, des mesures de veilles stratégiques, d’adaptation sectorisée, et d’aménagements s’imposent pour faire face à ces extrêmes climatiques.

Au nombre de ces mesures, nous pouvons citer :

A Cotonou :

  • L’aménagement des collecteurs d’eau,
  • Le cuvage régulier des caniveaux d’évacuation des eaux usées et eau de ruissellement,
  • La préparation au déménagement des populations qui sont dans les zones inondables et des populations qui sont au niveau des abords des lacs et lagunes,
  • Le peaufinage des voies déjà dégradées et impraticables.

Quant au Centre et au Nord-Bénin qui sont des régions à forte pratique culturale, il faudra investir dans les aménagements hydroagricoles et hydro-pastorales, et une planification du calendrier agricole à l’échelle nationale.

Péjoration

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